
illustration Druillet, of course
Amour
Amour comme guerre toujours
C'est voile déchirée dans la tempête
Feu d'alarme au sommet de la crête
C'est cheval fou sur l'écume du désir
C'est là tout le trésor qu'il faut saisir
Le collier arraché au cou de la reine
L'écho du duel sur le sable de l'arène
Comme guerre toujours
C'est lances rompues au plus fort de la bataille
C'est incendie furieux qui dévore la brousaille
L'étreinte de mains puissantes sur une peau fragile
La caresse sinueuse de longs doigts agiles
Amour comme guerre toujours
C'est tumulte au plus sombre de la forêt
C'est toute la violence de l'eau vive qui roule les galets
Grand souffle d'air et de sable qui giffle la peau
Qui joue à blanchir et à polir les os
L'élan sourd du choeur des guerriers qui chantent d'une seule voix
C'est aussi les larmes qui dans le tombeau accompagnent le roi
Comme guerre toujours
L'amour a la voix forte
Tambours de bronze tremblent les murs
Ouvrent les portes
L'amour a le goût du sang
La férocité sincère des enfants
Puissant
Solide et orgueilleux comme chêne enraciné
Et s'il peut perdre ses feuilles en hiver
C'est pour mieux préparer l'été
Et mener sa guerre
Ainsi roule et tangue mon amour
Comme la roue sur le chemin de pierres
Comme une coulée de métal brillant arrachée à la terre
Etait-ce un battement de cils
Un pincement de coeur sur lèvres entrouvertes
A l'ombre dévoilée d'une contrée encore secrète
Ou ce souffle fleuri malgré la distance
Comme toujours il suffit d'un rien
Une senteur
Un mot
Une image
Une onde imperceptible qui se propage
Alors on devine courbes et splendeurs
Eclats d'iris et sourires railleurs
Velour au grand mystère des profondeurs
C'est une brise
Un souffle si léger
Qu'il pourrait bien tout emporter
J'ai coupé court tranché net
Dans le flow de mon discours à facettes
Jeté au feu bouquins et références
Effacé mes traces
Tiré ma révérence
Partir
Fondre et se dissoudre
Et aussi en découdre
Sourire enfin au grand vent tranchant
Lacérer mes vêtements
Je n'y suis plus pour personne
Musique à fond monotone
Absolut vodka je hais le soda
Cigarette sur cigarette promis demain j'arrête
L'ai-je dis ?
J'en ris
Oui
Une soudaine envie de terre brûlée
Envie d'incendie
De flammes
Nombreuses femmes
Came vin et whisky
Grande faim de fin enfin
Grande envie de piétiner les mots qu'il me reste
Me plonger dans le pire de moi-même
Remember my awful me qui rôde la nuit ?
Ce pire qui voudrait bien remonter à la surface
Briser la glace
Prendre la place
Alors
Je te cherche petite lueur
Toi qui chuchotes souvent ta douce mélodie aux pires heures
Aide à faire taire la bête
A nouveau maîtriser cette souple silhouette de tueur
Cette ombre soeure aux sombres heures
La mettre en cage
Rester sage
Eteindre cette rage qui ne me vaut rien
Eteindre la mêche et attendre
Que vienne à nouveau le matin
...provisional end of data...
Corolle mordorée
Antenne parabolique branchée sur intimitée dévoilée
Codée in
Décodée out
Effluves douceur
Sensualité chaleur
Accueille la rosée au creux des reins
Fleur étoilée
Pavot pas pris mais
Photographié
Oeil magique à paupière de brume
Perce le voile et capture l'esprit
A cibler sans ciller
Si sensible que le sens y est
Oeil miroir sans tain à la lisière du monde
Sonde et scrute à la lucarne ronde
Quand la chaleur du dedans au grand flou du dehors
Nous fait belle cape au coeur et au corps
Oeil d'opale cerclé d'ivoire
Le phare brillant diamant d'un visage pâle
Cogne au hublot et donne à voir
Un souffle pur aux reflets de cristal
J'ai gravé sous ma peau les signes de ma mémoire atlantique
Mémoire verticale vertébrale de courbes et de lignes spirales
Où l'ancien construit le nouveau
Où par les chemins du coeur
Du sang du feu du fer et de la rocaille
Le nouveau rejoint l'ancien
Tunnel sentier secret qui mène au promontoir d'où
Certains soirs
On peut apercevoir les contours de l'Île
C'est mémoire
Mémoire atlantique aux reflets de bronze antique
C'est chant hyperrythmique en circonvolutions tectoniques
Dont le sens est forme
Où la forme est sens
Essence de l'être qui se passe de lettres mais jamais de mots
Sous ma peau gravées les formes bleues
A l'horizon des flammes qui dansent se chevauchent et se donnent
Comme vagues amoureuses à la rétine de mes yeux
Mémoire
Mémoire atlantique en héritage
Mémoire hors d'âge
Comme une certitude si chaude au coeur
Une certitude charriée par le sang
Le vent
Une évidence qui a survécut à tous mes naufrages
Les signes gravés sous ma peau me tiennent chaud
Sous l'orage
A l'horizon des jours anciens
Où ciel et mer sont fondus comme joies et peines
Enfle et se tend notre voile aux motifs peinds
Grues dragons et belles sirènes
Et l'île dis-tu
La grande île au soir du soleil
La grande île qui se révèle au matin
C'est vers elle que nous volons à tire d'ailes
C'est vers elle que serpente le chemin
Tu vois
Cette vision n'est pas mienne
Cet horizon est aussi le tien
Vitesse transe
Tranche découpe l'espace
Rapide mouvement lame courbe
Taille dans la toile du décor
Fait apparaître l'essentiel des âmes et des corps
Ecorche inutile vaine écorce carapace
Sous la peau
La chair et les nerfs
Sous le gris
Percent enfin le bleu et le vert
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