
Heaume âge eau
Gueules cassées féroces
Du plus fort de la bataille
Au sang tranche et coupe entailles
Sans plus de vie ni de forces
Que la chair dénudée de mes os
cabossé ici
Au grand visage l'oeil luit
Entre pic et branches se découpe
Le sourire spatial d'une déesse ironique
reflet de l'eau de là
Embués les mots sur mes lèvres gercées
Comme icebergs en dérive du souvenir d'être
Mains comme blocs qui ne savent plus quoi écraser
Comme langue qui tangue à chercher bouche refuge en apnée
A savoir où se noie la dentelle
Dans quels plis trouver chaleur consumée
Vers quelle fourrure crissante de main lente enfin se tourner
Et revêtir à nouveau ce manteau noir qui sait si bien capter les étoiles
Dont l'haleine de rose m'est satin de saison
Glacées les phrases enfilées comme perles à tromper la mort
Si élégante en catin sublime
Qu'on voudrait pouvoir la retenir
Et la baiser enfin à la santé de toute vie
Brouiller la piste sous le vent de ses intimités
Là où demeure encore l'ombre d'un mystère à percer à mains nues
Et c'est là tout l'air que je flaire
Nous sommes les amis des amants de la mort
Nous surgissons des décombres hantés
Sans encombres
Encore et encore
Et même si nous avons perdu nos corps dans des combats d'arrière-garde
Sordides et sans gloire
Nous dansons au son des corps de chasse
Le soir
Nous sommes les amants des amis de la mort
Dépouillés les oripeaux des origines
A coups de couteau de clameurs et de gin
Epouventails électrophages d'un monde en ruine
Echalas squelettiques au coeur monoxyde
Nous les derniers des humains
Nous rassemblons les gravas en logique incertaine
Nous les premiers des humains
Il nous reste nos bras nourris d'électricité
D'amour et de haine
A reconstruire et nous affranchir
Des grandes cités effondrées
Sombre sombre sombre
Sombre le climat et sombre le navire
Sombre l'eau profonde où sombrent
Espars errants du présent
Sombre à venir
Et que sombre la vie d'avant
Sombre n'est pas ombre car
Ombre hait lumière mais
Jamais d'ombre sans feu
Feu d'ombre éclaire jours et nombres (le sais-tu ? )
Feu oui feux
Croisés comme mots en embuscade
En guerilla verbale à balles réelles
Comme de jolis mots d'elle
Nus et libres et offerts à la lune
Oui luit la lune
Luit luit luit comme elle
A creux de reins où glissent les rayons
Clin d'oeil de nuit au vent nocturne
Ailes déployées en trait limpide comme eau claire au clair de lune
Quand les saveurs du jour se délitent en souvenirs insipides
Comme images peu-à-peu dévorées de brume
Y a des jours où je comprends Serge Lama. Si si, c'est vrai, passkeu je suis balaaade...
Nez qui coule super sexy, voix qui flanche (clope-sky-clope et reclope), mal partout surtout là où ça fait mal, sarkhonaze, sarkhlonage, les palestiniens qui morflent, les israéliens qui trinquent, les essedéheffes qui claquent des dents ou qui claquent tout court...
Ouais, je suis balaaade de toute cette zone.
Si j'étais resté à R.I.E.N. City, nul doute que les ondes venues des darklands -amplifiées par des molécules délétères bas de gamme- m'auraient vraiment mis KO. Mais là, je suis juste balaaade, tu vois ? Juste balaaade comme il faut, balaaade comme un voisin, balaaade comme n'importe quel gus que tu croises dans la rue le pif tout rouge des mouchoirs usagés plein les poches (ne jamais fouiller les poches d'un type balaaade, jamais !)...
Que du bonheur, finalement. Je crois bien que depuis mes 16 ans, je n'ai jamais été un balaaade en aussi bonne santé. Ç a ne va pas si mal, en somme. Merci d'avoir demandé.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Commentaires Récents